Histoire

Ça n'a pas commencé avec un carré noir…

Carré noir

Le 25 mai 2020, le monde est secoué par la mort de George Floyd, un homme noir tué par la police aux États-Unis. Les réseaux sociaux s’embrasent : dénonciations, explications, partages, carrés noirs. Une vague d’indignation traverse la planète.



Mais la violence policière envers les personnes noires, et en particulier les hommes noirs, ne date pas de ce jour-là. Bien avant George Floyd, il y a Trayvon Martin, Rodney King (1991), Michael Brown (2014), Eric Garner (2014), Adama Traoré (2016), Michel Zecler (2020), ​​Théo Luhaka (2017), Abdirahman Abdi (2016), Jean René Junior Olivier (2021)… La liste est longue, trop longue.

Depuis des siècles, les sociétés qui ont bâti leur supériorité sur le racisme ont façonné une image déshumanisante des hommes noirs : violents, brutes, délinquants, immoraux. Ce ne sont pas juste des stéréotypes ; ce sont des récits qui, répétés, finissent par peser sur notre mental, sur nos corps, sur nos vies.


C’est George Floyd qui m’a permis d’observer les effets de cette violence répétée sur ma propre santé mentale. J’étais en colère. Pas une colère passagère, mais une colère profonde, installée. Et le danger, ce n’est pas d’être en colère. Le vrai danger, c’est de devenir cette colère. Alors j’ai dû prendre du recul, me recentrer, prendre soin de moi.


Dans cette démarche, j’ai découvert des espaces incroyables portés par la communauté noire : des cercles de discussion, des retraites, du yoga, de la méditation, des formations sur le bien-être et la guérison collective. Mais à chaque fois, je faisais le même constat : il y avait très peu d’hommes. Trop souvent, j’étais le seul.


C’est ainsi qu’est né Ajoupa. Un espace de partage, de connexion et de soutien. Un lieu où l’image de l’homme noir est valorisée, où il peut se reconstruire et s’exprimer sans masque ni armure.


Au départ, c’était un projet personnel, une forme de thérapie. Aujourd’hui, j’espère que Ajoupa pourra aider d’autres hommes noirs à trouver leur place dans cette quête de bien-être et d’auto-réparation. Car il y en a déjà qui soutiennent et prennent soin de la communauté. Ajoupa n’est qu’une pièce de plus dans ce puzzle collectif. Une invitation à se retrouver, à se recentrer, à se réinventer.